mercredi 27 mai 2015

Les petites lectures d’Annemarie


Pascal FEYAERTS - D’ils et d’ailes - Préface d’Eric Allard - Illustrations de Derry Turla

Les éditions LE COUDRIER

Ce qui m’interpelle quand mon regard caresse un livre, ce qui me séduit du premier abord, c’est l’illustration et le titre. Ils mordent dans mon imaginaire, je me sens attirée vers un monde qui ne m’appartient pas. Je ressens une sorte de petite secousse sismique. Je touche le livre avec précaution, avec douceur comme à l’approche d’un premier amour. Je l’ouvre petitement, du coin de l’œil telle une voleuse, une voyeuse serait plus juste. D’autres illustrations me font signe. Je saisis un texte au hasard et subitement je sais, oui je sais que je vais aimer, quelques mots m’accrochent « … la messe n’est jamais si bien dite que quand elle est noire ».
Je me laisse emporter par La perdue « Je la regarde à travers ce bois où l’on ne vient que pour se perdre ». Pascal Feyaerts brosse ses personnages comme un peintre brosse un tableau. Il est visionnaire, nous donne des couleurs, plonge son pinceau ou sa plume au plus profond des étincellements. Quand je dis plume, je pense aile. Quand je dis aile, je pense elle «… dites-lui que j’ai retrouvé ses ailes et le chant de l’oiseau… ». Quand je pense il, l’obscur me murmure « … Il se croit au-dessus de tout soupçon, pourtant sa bibliothèque regorge de cadavres … ».
Pascal Feyaerts et Derry Turla sont complices de la beauté et de l’étrange pour nous conduire dans l’infini des êtres. Eric Allard cerne avec la face claire et la face sombre de sa sensibilité les chemins labyrinthiques de cet homme des songes.
Anne-Marie Derèse.

SAC - Salon Artistique de Charleroi